Soirée découverte de la biodiversité d’une prairie et des chauves-souris sur l’ENS de la Pérégrine à Venasque avec Fanny Albalat et Elie Dunand
Samedi 30 mai 2026

La soirée découverte à l’Espace naturel sensible de la Pérégrine a tenu ses promesses. Les 15 participant(e)s ont pu s’immerger dans un environnement sauvage où depuis plus de 10 ans, la nature a repris ses droits sur d’anciennes parcelles jadis cultivées.
Ce fut une sortie particulière puisque l’objectif était d’observer des chauves-souris évoluant dans leur milieu naturel à proximité de la ferme de la Pérégrine, qui a été restaurée en 2023 avec des fonds européens (à 100%) pour pérenniser ce gîte à chauves-souris.
La sortie a démarré à 19h par une introduction sur les chauves-souris présentes sur le site et les différents types de gîtes qu’elles sont susceptibles d’occuper, puis la présentation d’un nichoir à chauves-souris en kit et tous les conseils pour s’en fabriquer. Ensuite, le groupe s’est déplacé sur le sentier jusqu’à un vieux chêne presque mort, un gîte naturel très recherché par les chauves-souris. En effet, beaucoup de ses anfractuosités (décollements d’écorces, trous de pics ou d’insectes xylophages…) servant d’abris sont recherchées par les chauves-souris car celles-ci ont besoin d’accéder à plusieurs gîtes pour leur survie tout au long de l’année. Sur le site de la Peregrine une quinzaine d’espèces de chauves-souris ont été recensées lors de précédents comptages.

Pour accéder à la ferme, le groupe a traversé une prairie naturelle très diversifiée avec plus de 70 espèces floricoles et 80 espèces de papillons recensés cette année. Les plus facilement observées ont été la Scabieuse colombaire, l’Orlaya à grandes fleurs, l’Eglantier toujours vert, l’Orchis pyramidal, la Tanaisie à fleurs en corymbe, le Lotier corniculé, le Panicaut des champs, le Mélilot officinal, le Pois vivace, le Millepertuis perforé et l’Aristoloche pistoloche. En bordure du chemin, des plantes parasites comme l’Orobanche des fabacées et le Rouvet blanc ont suscité l’intérêt du groupe par l’extraordinaire complexité des relations entre la plante et son parasite. L’heure déjà tardive de la journée ne nous a pas permis de croiser beaucoup de papillons dans la prairie, les papillons diurnes ayant déjà disparus dans leurs abris et les nocturnes pas encore sortis, mais malgré tout le groupe a été accompagné par la stridulation des grillons dès la tombée de la nuit.
Arrivée à la ferme de la Pérégrine, Fanny a expliqué au groupe l’intérêt de sa restauration en 2023. Le but était de maintenir un gîte de reproduction dédié aux chauves-souris et surtout éviter l’effondrement de la toiture. La ferme hébergeait une colonie de reproduction de Petits rhinolophes d’une vingtaine d’adultes en 2021. En 2022, seulement 4 individus ont été comptabilisés et deux pans de toiture se sont effondrés à la fin de l’année. Les travaux de restauration réalisés début 2023 ont permis de préserver le patrimoine bâti et le gîte pour les chauves-souris puisque 32 adultes reproducteurs ont été dénombrés durant l’été suivant. En 2024, la population a progressé avec la présence de 52 adultes accompagnés de 26 jeunes. Les travaux entrepris depuis 2023 sur la ferme ont été couronnés de succès car l’effectif de cette espèce menacée a plus que doublé et 3 autres espèces de Chiroptères fréquentent la ferme.
En parallèle à la réalisation des travaux de restauration, les enfants de l’école de Venasque ont travaillé sur la réalisation d’un panneau de sensibilisation situé à l’entrée de la ferme.

Petits rhinolophes ( 23cm d’envergure, moins de 10 grammes, photo d’archive)
Afin de ne pas déranger ces espèces sensibles, le groupe est resté à l’extérieur de l’enceinte de la ferme puis s’est dirigé devant un point d’eau pour un pique-nique en attendant l’arrivée des chauves-souris. Très vite dès la nuit tombée, des Pipistrelles nous ont offert un magnifique ballet aérien en venant boire sur le point d’eau et manger les insectes présents autour de nous. Leurs va-et-vient ont été dévoilés grâce à l’artifice d’une caméra thermique accompagnée d’un détecteur à ultrasons qui nous a permis d’entendre l’inaudible.
Le départ des demoiselles de la nuit parties chasser dans d’autres lieux a sonné la fin de cette magnifique soirée, riche en découverte de la flore et de la faune de l’Espace Naturel Sensible de la Pérégrine.
Ce que le groupe a pu retenir de cette immersion d’un soir dans un espace protégé des pollutions de toute sorte, c’est l’extraordinaire capacité de la nature à transformer des espaces jadis agricoles en trésor de biodiversité. Selon cet exemple, les hommes ont su restaurer le milieu naturel grâce au maintien des souches d’arbres morts, au pâturage extensif de la prairie qui a facilité la reproduction des papillons, au creusement d’un point d’eau alimenté naturellement par les eaux pluviales et à la restauration de la ferme en gîte à chauve-souris.
Un bel exemple à suivre, donc…
La sortie a été organisée avec la participation du département de Vaucluse et avec les soutiens de la Nesque propre !
Élie Dunand & Fanny Albalat

La mare de la Pérégrine
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Arbre à perruque (cotinus coggygria)


