
Ce 17 Octobre, nous sommes presque 20, accueillis dans la salle polyvalente de Villes-Sur-Auzon, par le premier adjoint au maire pour écouter Franck PETIT nous parler du Mont Ventoux. Franck PETIT est professeur des Universités et membre du Conseil scientifique de la réserve Biosphère du Mont Ventoux. Vous pouvez trouver son portrait dans une interview donnée à la CoVe.
Franck PETIT nous a faits partager, pendant près de 2 heures, le fruit de ses rencontres avec des personnes emblématiques du Mont Ventoux . Notre « géant» occupe en effet une place centrale dans le paysage, mais surtout dans l’existence de ceux qui prennent le temps de le regarder. » Le Ventoux » appartient à celui qui le regarde » et chacun en a une vision différente.
Un personnage qui l’a beaucoup regardé, c’est Firmin MEYER, le photographe de Carpentras né en 1899 et mort en 1976. Il a réalisé de magnifiques clichés noir et blanc du Mont Ventoux au XXème siècle. Franck PETIT nous en montre certains, où l’on voit le Ventoux et les monts environnants entièrement pelés après la déforestation massive du XIXème siècle, résultat de l’exploitation du bois et du pastoralisme. Avant cette époque, le Ventoux avait mauvaise réputation car il était facile de s’y cacher. C’était la montagne des voleurs, des malotrus. Aujourd’hui largement reboisé en Chênes, en Hêtres et en Pins noirs d’Autriche (hélas !), il est regardé (mais l’est-il vraiment ?) par les cyclistes et les trailers sur ses flancs.
Avant eux, les coureurs automobiles l’avaient utilisé comme terrain de jeux dans les fameuses courses de côtes, qui se sont déroulées entre 1902 et 1976. Au XXème siècle, il était aussi fréquenté par les skieurs, profitant de son enneigement épais et prolongé ( 5-6 mois par an, même plus au XIXème siècle). C’est Eugène REYNARD qui prête son terrain pour créer le premier syndicat afin d’accueillir les premiers skieurs, qui deviendra le chalet Reynard. Le Ventoux, c’est aussi un terrain de jeux pour les chasseurs, qui y trouvent Sangliers, Cerfs (réintroduits depuis Chambord), Mouflons (quelques dizaines aujourd’hui, jusqu’à 280 par le passé) mais peuvent difficilement voir le loup, dont plusieurs meutes circulent entre Ventoux, Monts du Vaucluse et Luberon.
Franck PETIT évoque bien sûr la vie agricole du Mont Ventoux, avec les troupeaux de moutons qui trouvaient le Jas, c’est à dire le gîte pour dormir, autrement dit la bergerie sur ses flancs. IL reste aujourd’hui entre 3000 et 4000 moutons qui, chaque année depuis Bédoin, partent en estive sur le Mont Ventoux. C’est le troupeau des éleveurs dont Monsieur MONTAGARD. Vous pouvez lire une interview de la Cove.
Evoquer le Ventoux, c’est aussi évoquer les rabassiers et la Truffe noire qui se récolte en exclusivité par parcelles soumises à des adjudications tous les 5 ans. Son heure de gloire à la fin du XIXème siècle est passée. Il est interdit aujourd’hui d’utiliser le cochon. Seul le chien est autorisé et il faut refermer le trou fait avec le piochon.
D’autres regards portés sur le Mont Ventoux sont égrenés au cours de la conférence, comme ceux des Félibres qui se réunissent toujours en haut une fois par an à la St Jean, ceux des ouvriers qui ont reboisé à partir de 1870, ceux des météorologues dont la station météo de 1882 donnait des mesures fausses à cause des conditions extrêmes au sommet, ceux des glaciers qui exploitaient les conserves de glace, les glacières, depuis le XVIIème siècle (Ils la livraient jusqu’à Marseille), ceux des lavandiculteurs et de leurs alambics, celui des peintres d’aujourd’hui comme Léon Zanella, Jean-Eric Turquin et Dragan Dragic.
La conférence se termine avec un échange sur notre regard d’aujourd’hui, parfois inquiet pour le devenir du Ventoux, entre surexploitation touristique et respect du milieu naturel, des espèces animales et végétales endémiques.
Merci:
à M. Franck PETIT
A M. Frédéric ROUET, maire de Villes sur Auzon, vice président du Parc du Mont Ventoux, délégué à la biodiversité, à la forêt et aux espaces naturels.
Aux Adjoints: M. Jean Marie TORELLI, Mme Suzy MACHUROT, Mme Ghislaine JAUMOTTE
Aux participants
Reportage : Françoise SERIN



