
La Nesque propre a démarré son programme d’activités, le samedi 14 janvier 2023, en Camargue avec pour objectif, l’observation des oiseaux aquatiques, des petits échassiers, des grands échassiers et surtout les Grues cendrées. Au préalable, on avait enregistré 14 inscriptions. 5 ont annulé au dernier moment. Au final, nous nous sommes retrouvés 9 participants dont Dimitri Marguerat, notre guide, naturaliste Rando-oiseaux.
Départ en covoiturage de Pernes à 8h pour un premier rendez vous à 10h au domaine de La Palissade. Direction, « La Baisse (étang permanent) de cinq cents francs », un étang situé sur la route de la plage de Piemanson, pour faire une première observation. Le point de vue est idéal. Autour de nous, la nature est partout sauvage avec des étangs à perte de vue. On est à l’Ouest de l’embouchure du Rhône avec le Grau de Piemanson, le Trou de l’oie, la Baisse de la Sableuse, la Baisse Neuve, La Baisse Michel, les Launes, le Clos des Termes, l’étang de la Dame. Des groupes d’oiseaux, migrateurs total et migrateurs partiels venus de la Scandinavie ou d’ailleurs, sont venus passer l’hiver dans cette immense zone humide du Parc Naturel régional de la Camargue.
10h, la météo est idéale malgré le froid, le ciel est voilé, pas un souffle de vent. L’eau ressemble à un miroir. A deux cent mètres de là, un groupe de petits échassiers, grégaires et en file indienne est immobile ou presque : Les Bécasseaux « variables », les Bécasseaux « minute », les Bécasseaux « Sanderling ». Avec nos jumelles et la longue vue de Dilmitri, on a pu identifier également, le Gravelot à collier interrompu, le Balbuzard pêcheur, le Goéland leucophée, trois flamants roses juvéniles, le Busard des roseaux, la Grande Aigrette, l’Aigrette garzette, le Héron cendré, l’Avocette élégante, le Tadorne de Belon mais aussi un groupe de Flamants roses en pleine parade nuptiale, toutes ailes déployées.
En reprenant la route de la plage de Piemanson, une nouvelle halte nous a permis de reconnaître d’autres espèces: le Pipit farlouse, le Verdier d’Europe, le Pouillot véloce, le Pluvier argenté, la mouette rieuse. De nombreuses Buses variables sont perchées de part et d’autre de la route.
A midi, en suivant la dune, on est choqué par la pollution des déchets sauvages, surtout les plastiques et des résidus divers, charriés par le Rhône, déposés par les vagues ou le Mistral. On s’est installé face à la mer, pour une pause piquenique sur trois troncs d’arbre échoués.
Ici, comme ailleurs, la mer avance inéluctablement. Une grande partie de la plage a disparu. En comparant notre position avec une carte de 1980, le recul du trait de côte est préoccupant.
En début d’après midi, nous sommes repartis vers les Salins de Giraud. On a pu identifier d’autres espèces : le Grèbe huppé, le Courlis cendré, le Tarier pâtre, un Epervier femelle. Le chemin des Drailles nous a conduits vers des espaces labourés, des quartiers favorables aux Grues cendrées pour se nourrir de grains, de vers… Très nombreuses et farouches, elles ne se laissent pas approcher si facilement. Actuellement, on en compte plus de 25000 arrivées de la Scandinavie ou du Nord de la Russie. Après un point d’observation au marais du Grenouillet, on a repris la direction vers le phare de la Gachole. Il est 17h. Les Grues cendrées ne vont pas tarder à rejoindre leur dortoir. En les guettant, on entend dans les phragmitaies géantes un concerto à trois : le Râle d’eau, le cri du Ragondin et la Bouscarle de Ceti avec un Faucon crécerelle male à contre jour sur un arbre perché.
Le soir venu, on les entend crier à l’horizon. Dans le ciel bleu rosé et voilé, elles arrivent pour regagner leur dortoir entre la mer et les bras du Rhône. Leur vol majestueux, en forme de flèche et en pointillé, est un spectacle féérique.


Pour découvrir la galerie photos : CLIQUER ICI
Photos :
Philippe Croayne
Denis Rousset
Catherine Daillant
Jean Pierre Saussac


