
Nous étions 14 , samedi 11 mai 2024 à 8 heures du matin ,pour suivre et écouter notre guide Dimitri Marguerat et Georges Ughetto qui a complété la sortie par sa connaissance unique de la Nesque. Nous partons du hameau de Flaoussiers accompagnés par les chants des passereaux tels que le Rossignol philomèle, le Coucou, la Fauvette passerinette et le Serin cini. Sur les 11000 espèces d’oiseaux sur Terre, 6000 sont des passereaux, les oiseaux chanteurs. Après avoir emprunté un sentier qui rejoint la route des Gorges et admiré un Rouge queue à front blanc, nous tombons sur une route déserte pour cause de semi-marathon. Nous profitons donc des gorges sans voiture, camping-car et autre vrombissement de motos!! De là un premier nid de Vautour fauve est visible avec l’adulte et l’oisillon. Les Vautours fauves ( Gyps fulvus) sont en renouveau dans les gorges de la Nesque : de quelques couples il y a plusieurs années, on en compte 12 en 2024 et 10 poussins ! Cette colonisation est d’autant plus intéressante qu’elle est naturelle, sans réintroduction humaine. La fraicheur de l’air matinal ne permet pas encore à ces oiseaux de trouver les courants ascendants pour voler. Il nous faut attendre que les ascendances thermiques se forment pour que les rapaces décollent. En effet, ces oiseaux planeurs n’ont pas la musculature des ailes suffisante pour faire battre leurs très grandes ailes. Ils s’appuient donc sur l’air chaud pour monter puis sur l’altitude pour aller beaucoup plus loin en descente. Dimitri nous explique qu’avec 1000 m de dénivelé, le Vautour peut faire 15 km en descente et le double s’il monte à 2000 m. C’est ainsi que se déplacent tous les oiseaux migrateurs à grandes ailes tels que les Cigognes, les Grues. Autre bonne chose, tous les rapaces sont des espèces protégées depuis 1976. Soudain, nous apercevons un Vautour percnoptère ( Néophron percnopterus), une espèce mal en point dans les gorges puisqu’un seul individu a été vu cette année. Avec son bec jaune et son plumage hirsute blanc autour de la tête, il est reconnaissable. Puis… un deuxième se joint au premier! C’est une observation unique cette année dans les gorges! Dimitri identifie le nouvel arrivant comme un sub-adulte, peut-être de 3 ans. Seul rapace migrateur, cet oiseau pourrait venir d’une zone comprise entre l’Espagne et l’ex-Yougoslavie.
Nous longeons la route des gorges silencieuse et quasi-vide! En face du rocher du Cire, d’autres nids de Vautours sont visibles, avec les petits couvés. Six mois sont nécessaires entre la ponte et l’envol de l’oisillon, pour l’éclosion et le nourrissage d’un vautour. Dimitri nous donne des explications sur la formation des courants d’air sur les reliefs, par la chaleur du soleil ou par le vent. Quatre Vautours fauves mettent la théorie en pratique devant nous en prenant leur envol. Nous quittons notre poste d’observation et retournons aux Flaoussiers par des sentiers peu visibles pour finir par nos pique-niques bien mérités.
Françoise Serin
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Photos : Catherine Daillant, Philippe Croayne








